Émotion… vous avez dit émotion ?

Émotion… vous avez dit émotion ?

Le mot émotion vient du latin ex-movere, « mouvement vers l’extérieur ». L’émotion est une réponse à un événement, à une stimulation ou à une modification de l’environnement. Cette réponse est psycho-physiologique c’est-à-dire qu’elle entraine une réponse corporelle et mentale. Selon les psychologues américains Ekman et Friesen (1995), les émotions de base sont au nombre de 6 :

Emotions

Ces émotions sont universelles : elles sont exprimées dès le plus jeune âge de la même manière aux quatre coins du monde.

Les émotions sont souvent considérées comme des freins au bien être. Elles jouent pourtant un rôle fondamental dans la construction d’une personnalité équilibrée, notamment par :

  • la régulation de l’état interne de l’organisme
  • le déclenchement de la réaction la mieux adaptée possible à la situation

Les étapes des émotions

L’émotion provoque une réaction psycho-physiologique que l’on peut découper en trois étapes successives :

  • la charge : le cerveau libère de l’adrénaline ce qui provoque une accélération du rythme cardiaque. Si la situation l’exige, un afflux de sucre et d’oxygène peut être envoyé dans les cellules pour préparer le corps à l’action.
  • la tension : l’organisme mobilise toute l’énergie produite dans l’étape précédente afin de faire face à la situation.
  • la décharge : une fois le danger écarté, le corps revient à l’état initial. Les tensions se relâchent ce qui peut entrainer des réactions physiques comme des tremblements et des pleurs.

Par exemple, si une personne se trouve dans une situation de peur, la phase de charge permet l’envoi d’adrénaline pour que ses muscles se préparent.
La tension lui permet alors de fuir ou de combattre. Toutefois, en cas de très grande frayeur, elle peut se sentir complètement paralysée et ne pas pouvoir réagir.
Lors de la décharge, lorsque la tension est retombée, des tremblements, des tensions musculaires dans les jambes ou les bras sont très fréquents.

Les émotions permettent l’expression de la vie en soi. Elles résultent du psychologique (ce que je pense) et du biologique (ce que je ressens). Elles ont chacune un rôle précis et sont nécessaires à la construction de soi.

Par exemple :

  • la peur sert à se protéger d’un danger,
  • la tristesse permet d’accompagner un deuil,
  • la surprise nous fait réagir à l’imprévu,
  • la colère est le moteur de l’indignation, et favorise l’action contre l’injustice.

Les émotions, amies ou ennemies ?

L’émotion n’est ni positive, ni négative : elle nous met dans la vie. Il est important de la mettre en mots : la verbaliser, la nommer permet en effet de l’apprivoiser. C’est le fait de la réprimer qui créé des tensions pouvant conduire à des symptômes psychologiques handicapants comme l’angoisse, la culpabilité, la dépression, etc… Cela génére également du stress qui provoque des tensions diverses dans le corps (dos, jambes, mal de tête, etc…).

Il est donc important d’apprendre à identifier ses émotions, à les nommer, à les comprendre et à les exprimer pour pouvoir s’en libérer.

Pourquoi accompagner le ressenti émotionnel de l’enfant ?

L’enfant ne dispose pas d’un vocabulaire suffisant pour exprimer ses émotions. Il ne peut donc pas toujours comprendre ce qu’il ressent au niveau émotionnel. L’écoute attentive bienveillante et la reformulation des adultes (parents, assistantes maternelles, enseignants, thérapeute,…) sont alors essentielles.

Pour que l’enfant puisse construire son identité et épanouir sa personnalité, son ressenti émotionnel doit être accompagné :

  • en respectant ses émotions
  • en mettant des mots sur ce qu’il ressent.

Et si les émotions ne sont pas exprimées…

Lorsqu’on dit à un petit garçon qui pleure : « Les hommes ne pleurent pas », on lui interdit l’expression d’une émotion importante pour lui à ce moment précis.
Cela peut avoir des conséquences : un état de tension général, le développement de troubles physiques et psychologiques comme des troubles du sommeil, de l’appétit, d’énurésie, etc… Par la suite, en tant qu’homme, il pourra avoir des difficultés à exprimer la tristesse, donc à mener correctement son deuil lors du décès d’un parent par exemple.

Comment faire ?

Prenons l’exemple des pleurs de l’enfant : en tant qu’adulte, nous avons du mal à supporter les larmes de notre enfant. Pourtant elles ne sont que la manifestation de son émotion. Plutôt que de vouloir absolument arrêter ses pleurs, il est plus rassurant pour l’enfant que l’adulte le prenne dans ses bras et verbalise : « Je vois que tu es triste » ou « Je vois que tu as mal » ou encore « Qu’est-ce qui se passe ? »